Publié le jeudi 13 novembre 2008

2,400 profs de plus, c’est bien, les mettre à la bonne place, c’est mieux

13 11 2008

La promesse du Parti libéral d’embaucher 2,400 professeurs de plus pour alléger les classes a été bien accueillie par la Fédération de comités de parent qui se demande bien où on va les trouver. Pour moi la principale question n’est pas celle-là. Il faut plutôt se demander si on doit les utiliser pour réduire le nombre d’élèves de deux ou trois par classe de façon universelle et sans distinction, ou en profiter pour sortir les élèves en difficulté des classes régulières pour les regrouper dans des classes allégées où ils auront accès à plus de support.

Une prof que je connais m’a dit qu’elle préférerait avoir des classes de 40 élèves normalement performants que de continuer à enseigner à des groupes de 30 étudiants qui comptent dans leurs rangs quelques cas problèmes qui empêchent la majorité de progresser à leur plein potentiel. C’est là que le bât blesse dans le système public. En prenant la décision d’intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulières pour ne pas les ostraciser, les génies du MEQ ont pris une décision au détriment des intérêts de la majorité et des meilleurs dont plusieurs en viennent à perdre tout intérêt parce qu’ils ont le sentiment de perdre leur temps. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les écoles privées soient de plus en plus populaires. Réduire les classes de 33 à 30 élèves ne change pas grand-chose. Ce qu’il faut faire, c’est regrouper les cas lourds dans des classes réduites de 10 à 15 élèves et concentrer autour d’eux les services qui sont actuellement dispersés un peu partout. Cela dit, en supposant que cela se réalise, il y aurait probablement un autre problème qui surgirait. À cause de la séniorité et du ras-le-bol de beaucoup de profs expérimentés, ce sont probablement les 2,400 nouveaux arrivants qui hériteraient des classes spéciales. Je ne suis pas certain qu’ils feraient long feu dans des conditions aussi difficiles.

Quoi qu’il en soit, toute amélioration dans les conditions d’enseignement est la bienvenue. Et je suis certain que ce ne sera pas si difficile de trouver 2,400 jeunes universitaires pour tenter l’aventure.

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